Kahn. — Député des Deux-Sèvres sous 1e second Empire. Figure aux traits forts, grand nez bien fait trahissant une origine juive, rude collier de barbe grisonnante [2]. Sous Louis-Philippe, il siégeait au centre droit; en 1848, il est passé au centre gauche; sous l’Empire, il revient au centre droit, toujours également dévoué aux gouvernements qui se succèdent. Fils d’un banquier juif de bordeaux, il dirige des hauts fourneaux près de Bressuire, s’est taillé une spécialité dans les questions financières et industrielles et vit médiocrement eu attendant la grosse fortune qu’il fera un jour. Officier de la Légion d’honneur [82]. Il appartient à la bande d’Eugène Rougon dont il est l’un des plus actifs partisans, et il perd son siège du député quand le ministre tombe en disgrâce : M. de Marsy lui a retiré par pure vengeance son titre de candidat officiel [160]. Kahn intrigue ferme pour amener le retour de Rougon, dont il a besoin pour obtenir une importante concession de voies ferrées ; mais, arrivé à ses fins, il compromet son protecteur à plaisir et, comme Rougon veut temporiser pur le rachat du chemin de fer par la Compagnie de l’Ouest, Kahn le lâche carrément et entre en combinaison avec M. de Marsy [431]. (Son Excellence Eugène Rougon.)