Bordenave

Nana,

Directeur des Variétés. Homme épais, à large face rasée. Riant, crachant, se tapant sur les cuisses, cynique, ayant, un esprit de gendarme, il traite les actrices en garde-chiourme. Quand une de ses petites femmes l’ennuie, il lui allonge un coup de pied dans le derrière [6]. Cerveau toujours fumant de quelque réclame, c’est lui qui lance Nana dans la Blonde Vénus, sorte de carnaval des dieux où l’Olympe est traîné dans la boue, où toute une religion, toute une poésie sont bafouées [24]. Nana chante comme une seringue, elle joue comme un paquet, mais un rut monte d’elle, ainsi que d’une bête en folie [33]; c’est quelque chose qui remplace tout, aux yeux de Bordenave. Celui-ci aime les situations franches ; quand on lui parle de son théâtre, il répond : Dites mon bordel ! [4] C’est avec la plus parfaite assurance qu’il fait à S. A. R. le prince d’Ecosse les honneurs des coulisses et des loges d’actrices ; il trouve même que le prince est un peu mufe [179]. (Nana.)