— Fils d’un marchand de vin de Bercy qui lui a laissé cinq millions. Ancien avoué, conseiller d’Etat, propriétaire d’une ferme modèle près de Sainte-Menehould. Habite rue du Colisée un hôtel fort élégant [32]. Il a une tête magnifique, très chauve. Sa face rosée, un peu carrée, sans un poil de barbe, rappelle ces faces corrodes et pensives que les peintres d’imagination aiment à prêter aux grands hommes politiques [30]. Au point de vue de l’intelligence, Du Poizat assure qu’il a trop fréquenté les bêtes [165].

Eugène Rougon, qui a sauvé l’avenir politique de cet imbécile à l’heure du coup d’Etat, lui fait épouser Clorinde Balbi. Delestang devient un mari passionné, plein de confiance et de fatuité [174]; il se laisse guider dans ses moindres actions par sa femme, obtient grâce à elle le portefeuille de l’agriculture et du commerce et finit par remplacer Rougon au ministère de l’intérieur, symbolisant ainsi l’apothéose de la médiocrité [432]. (Son Excellence Eugène Rougon.)