Caissier principal . du Bonheur des Dames. Mari de madame Aurélie, la première des confections, qui l’a fait entrer dans la maison. Déjà tout blanc, alourdi par son service sédentaire, Lhomme a une figure molle, effacée, comme usée par le reflet de l’argent qu’il compte sans relâche. Il a eu le bras droit coupé par un omnibus; cette mutilation ne le gène nullement dans sa besogne et l’on va même par curiosité le voir, vérifier la recette, tellement les billets et les pièces glissent rapidement dans sa main gauche, la seule qui lui reste.

Fils d’un propriétaire de Chablis, il est tombé à Paris comme employé aux écritures, chez un négociant du Port aux Vins; puis, demeurant rue Cuvier, il a épousé la fille de son concierge et. depuis ce jour, il est resté soumis devant sa femme, dont les facultés commerciales le frappent de respect [52]. Son seul vice est la musique, un vice secret qu’il satisfait solitairement, courant les théâtres, les concerts, les auditions ; malgré son bras amputé, il joue du cor, grâce à un système ingénieux de pinces, et, comme madame Aurélie déteste le bruit, il enveloppe de drap son instrument, le soir, ravi quand même jusqu’à l’extase par les sons étrangement sourds qu’il en tire. La musique et l’argent de sa caisse, il ne connaît rien d’autre [53]. Mouret mettra le comble à soit bonheur en lui confiant la direction d’un corps de musique, cent vingt musiciens recrutés dans le personnel [429]. Baudu cite Lhomme, sa femme et son fils, comme un exemple de la destruction des femme par les grands bazars. Employés tous trois au Bonheur des Dames, ce sont des gens sans intérieur, toujours dehors, ne mangeant chez eux que le dimanche, lorsque chacun ne tire pas de son côté, une vie d’hôtel et de table d’hôte, qui indigne le familial Baudu [27].