— Troisième enfant de François Mouret et de Marthe Rougon. Sœur d’Octave. et de Serge. Née en 1814 à Plassans [161]. (La Fortune des Rougon.)

A quatorze ans, forte pour son âge, elle a un rire de petite fille de cinq ans. C’est une innocente [16] qui n’aime que les bêtes et ne se porte bien que chez sa nourrice, où elle vit dans la basse-cour [95]. Marthe qui, avant son détraquement religieux, aimait tendrement cette petite, la néglige de plus en plus [185] et finit par la prendre en grippe [235], au point qu’un matin, Mouret ramène l’enfant à Saint-Eutrope, chez si nourrice. (La Conquête de Plassans.)

Orpheline en 1864, Désirée est recueillie par son frère Serge qui, après le séminaire, est devenu curé des Artaud. A vingt-deux ans, l’innocente est une forte fille, aux cheveux noirs noués puissamment derrière la nuque, à l’air enfant, aux pensées puériles, que la Teuse couche tous les soirs en lui racontant des histoires pour l’endormir. Passant ses journées parmi les bêtes dont elle est la fraternelle amie, son grand coq fauve Alexandre qui commande la basse-cour, sa chèvre, ses lapins, son cochon Mathieu, sa vache Lise, adorant les oiseaux, protégeant même les fourmis qui ont envahi l’église, elle vit heureuse, le cerveau vide, sans curiosité dépravée, goûtant dans le pullulement qui l’entoure toutes les joies de la fécondité, devenant une belle bête fraîche, blanche, au sang rose, à la peau fine [68]. L’oncle Pascal, qui étudie les Rougon-Macquart et leurs instincts si difficiles à assouvir, dit que c’est Désirée qui a eu le plus de chance [47]. (La Faute de l’abbé Mouret.)

Elle a suivi son frère à Saint-Eutrope, où il est devenu curé, et elle reste innocente et saine comme une jeune bête heureuse [122]. (Le Docteur Pascal.)

(1) Désirée Mouret née en 1841. [Élection de la mère. Ressemblance physique de la mère. Hérédité d’une névrose se tournant en imbécillité]. Vit encore à Saint-Eutrope, avec son frère. (Arbre généalogique des Rouqon-Macquart.)