Victor Saccard

— Fils naturel d’Aristide Rougon, dit Saccard, et de Rosalie Chavaille. Né en 1853. A été élevé dans la cité de Naples, chez la Méchain, petite-cousine de sa mère. Celle-ci se prostituait en sa présence avec des hommes, il vivait sur les fortifications et faisait avec les petites filles ce qu’il voyait faire chez lui.

A douze ans, sa ressemblance avec Aristide Saccard est extraordinaire ; il paraît prodigieusement développé pour son âge, pas très grand, trapu, entièrement formé, déjà poilu, ainsi qu’une bête précoce ; les yeux hardis, dévorants, la bouche sensuelle, sont d’un homme. Il a toute une moitié de la face plus grosse que l’autre, le nez tordu à droite, la tête comme écrasée sur la marche où sa mère, violentée, l’a conçu. Il ne sait pas écrire, à peine lire. De sa face d’enfant mûri trop vite, ne sortent que les instincts exaspérés de sa race, une hâte, une violence à jouir , aggravées par le terreau de misère et d’exemples abominables, dans lequel il a grandi [169].

Ce gamin de douze ans, ce petit monstre couche avec la mère Eulalie, une femme de quarante ans, ravagée et malade, qu’il appelle sa femme [162]. Un chantage organisé contre Aristide Saccard par Busch et la Méchain aboutit au placement de Victor à l’Œuvre du Travail. Dans une cruelle réminiscence de l’acte de son père, prenant la misérable Rosalie sur une marche et lui démettant l’épaule au moment de la conception [407], Victor Saccard se jette comme un jeune fauve sur Alice de Beauvilliers, la viole et s’enfuit de l’Asile. On perd sa trace. (L’Argent.)

En 1873, il n’a point reparu, rôdant dans l’ombre du crime, puisqu’il n’est pas _au bagne, lâché par le monde, à l’avenir, à l’inconnu de l’échafaud [128]. (Le Docteur Pascal.)_

(1) Victor Rougon, dit Saccard, né en 1853. [Mélange soudure. Ressemblance physique du père]. Disparu. (Arbre généalogique des Rougon-Macquart.)