— Libraire à Plassans. Personnage aux mains humides, aux regards louches, catholique pratiquant, honoré de la clientèle des nombreux couvents et des paroisses. A pris une importance politique par la publication d’un petit journal religieux qu’il rédige dans un style plein d’humilité et de fiel [94] Vuillet vend aussi, sous le manteau, des gravures et des ouvrages obscènes qui l’exposent à la police correctionnelle et lui valent la clientèle assidue des collégiens de Plassans. Abouché aux Rougon, il suit les événements, prêt à pêcher en eau trouble. Dans le désarroi du coup d’Etat, il occupe tranquillement, de sa seule initiative, l’hôtel des Postes, dont le directeur a été arrêté par les insurgés, et là, il fouille dans le courrier, flaire la correspondance de Pierre Rougon et y trouve une lettre confidentielle d’Eugène, grâce à laquelle il rallie son journal au nouveau pouvoir, alors que les autres cherchent encore leur voie. Félicité, qui l’a pris la main dans le sac, s’entend facilement avec ce fripon et, pour prix du traité, lui fait rendre la clientèle du collège, vente assurée de quatre à cinq mille francs par an, qu’on lui avait retirée à cause de ses spéculations pornographiques [321]. (La Fortune des Rougon.)